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25 janvier 2019 

Récit de Tri

Merci à Sandrine C. pour ce récit comme si on y était, et félicitations pour la 2ème place en catégorie V2F et son chrono qui lui valent une qualification pour les championnats d’Europe et les championnats du Monde, rien que ça!

« Objectif principal, les France L en Ardèche. Je pars à St Martin d’Ardèche en pleine confiance : j’ai bien bossé, les sensations sont bonnes ; ça va le faire….

Vendredi 16h30, St-Martin d’Ardèche, retrait des dossards : je suis entourée de triathlètes hommes et femmes hyper affûtés, une concentration de machines de guerre au mètre carré qui d’un coup m’effraie un peu. Oups, ah oui, t’es aux France là, pas de doute … « Fais ta course » me glisse Fky (Franck, entraîneur des triathlètes). Ok, je vais faire ça alors

Vendredi 18h30, Reco du parcours vélo en voiture avec Thomas : on veut voir la patate à 16% à 200m de la sortie du parc à vélo, puis visualisation des zig et des zag du parcours. Bon ben, on en conclut avec Thom, qu’on va bien en chier à vélo….Et depuis St-Martin, on aperçoit la longue montée de 1500m qu’on aura à faire 2 fois à pied, en plein cagnard, pour atteindre Aiguèze….. On va aussi en chier à pied …. Bon ben voilà, on y est là… Avec Thom, on se donne rdv le lendemain au parc à vélo. Après avoir préparé mes affaires, je m’endors sereine.

SAMEDI : Départ de la course à 9h : réveil à 6h pour le petit déj. Je me réveille à 5h50. Arrivée au parc, la question qui en angoisse plus d’un : combi ou pas ????? La décision tombe à 8h : eau à 24.2, combi autorisée, cris de joie dans le parc ! Moi j’aurais préféré sans, mais puisqu’elle est autorisée, je la mets.

Présentation des athlètes élites et puis Pan, le départ, contre le courant. Comme d’hab, un vrai lâcher de fauves : les filles, nous étions sur la droite du paquet au départ, mais très vite des gars arrivent sur nous. Alors, la voix de Fred dans ma tête : « allez ça envoie, Tempo, on ne s’endort pas, là, pam pam pam pam pam pam ». Ah aouais, pam pam pam pam, j’y suis : pendant les 800 premiers mètres, j’ai l’impression de nager dans une machine à laver, un coup sur la tronche à droite, pam, une mandale à gauche, pam, et l’autre devant qui met un ciseau de brasse que j’ai juste le temps d ‘éviter….un vrai poème. Ensuite ça se dilue un peu. Au demi-tour aux 1500m, j’ai posé ma nage et je suis contente de me mettre dans le courant……. Sauf que je me fais doubler de partout par la droite, par la gauche, … mais que se passe-t-il, comme à l’arrêt ? J’ai raté le courant ou bien ? Je dévie de ma trajectoire et j’essaie d’aller chopper les pieds, mais que dalle, ça ne veut pas. Bon aller, je ne m’occupe plus des autres et je me mets dans ma bulle natatoire. On verra à la sortie de l’eau ce que ça donne …. Ça y est la berge est là : je jette un œil à ma montre 47’, wouha pas si mal finalement. Le parc est encore plein de vélos (et pour cause, j’ai fait le 44ème temps natation, oups, inattendu). Allez hop, sur le vélo : on commence par ce raidard terrible de 600m en 3 paliers à 12, 15 et 16% sur 20 à 30m chacun mais que ça pique (le lavoir de Nouâtre ça vous parle !…) ; j’arrive en haut avec le palpitant à 300, virage à droite puis 1km de descente et demi-tour sec au milieu de la route pour remonter ce qu’on vient de descendre et attaquer le 1er aller-retour vélo : vent pleine poire et pente à 6-7%, ça n’avance pas, mais personne n’avance là … Ensuite le parcours vélo est une succession ininterrompue de montées, plus ou moins pentues, plus ou moins longues, de virages plus ou moins courbés,  de vent avec des rafales parfois, tantôt de face, tantôt de côté, tantôt de dos. Premier tour vélo, 40km au compteur, 1h33 au chrono. Bon c’est pas si mal, je vais essayer d’en mettre un peu plus au 2ème tour, …. Sauf que le vent forcit et à l’aller on l’a majoritairement défavorable : je suis scotchée. Aïe aïe aïe. Je commence à me faire doubler par des filles, ah, pas bon ça, pas bon. J’entends Fred dans ma tête : « Appuie sur ces pédales bordel ! ». Alors j’appuie. Puis 3-4 km avant le demi-tour, un mec  a raté un virage : camion de pompiers ; il est dans le brancard. Oups, je sors de mon effort, là, un coup de gamberge. Fais gaffe cocotte. Prudence…. Allez, faut s’y remettre. La dernière ligne droite montante avant le demi-tour est terrible ; le vent de face me colle sur place. Au demi-tour, ouf, je vole, … mais les autres aussi, ça continue à me doubler, mais des mecs, … ça va.

Milieu du parcours, une autre chute: une nana dans le fossé, pompiers autour ; elle a la minerve autour du cou … ouh, pétard, je ressors de ma bulle et j’ai du mal à m’y remettre Embrun vient me visiter : fais gaffe, pas de connerie sur les trajectoires. Allez, je me remobilise. Pas de pensée parasite. Go go. Bilan, 2ème tour vélo, moins rapide que le 1er +4’ : 2 barres et 2 bidons de potion iso engloutis, je boucle en 3h07, j’espérais 3h. Bon allez, pas si mal. Chausse tes baskets et galope. …. Euh, ouais, sauf que … il fait une chaleur de dingue. Les 1ers  km à pied sont en sous-bois, ouf, il fait moins chaud que plein cagnard, mais le sol sinue, il est plein de racines, de creux et de bosses, c’est casse-gueule à souhait (d’ailleurs le mec devant moi se vautre, plaf, … et se relève, tout va bien). Dans le sous-bois, je suis un peu en mode contemplatif, il va falloir que je me reconcentre  sur l’effort. Premier ravito au km3, j’ai besoin de ventiler et de m’arroser : je me vide une bouteille d’un litre sur la tronche et je bois un coup. Je n’arrive pas encore à trouver ma foulée, mais je me remets progressivement dans ma bulle….. Fini la contemplation, faut cavaler là, oh !. Ravito km7, rebelote une douche + banane et gorgée d’eau : ce sera le tarif à chaque ravito, mécanique, tous les 3 km ; ça y est, je me remets dedans. Km 8, 1ère patate pour monter à Aiguèze, un bon D+: les jambes vont bien, je trotte bien et double plein de marcheurs, mais pas de marcheuses…. Grr…mais ellles sont où celles qui m’ont doublée à vélo ? Je n’ai aucune idée de mon classement (ni féminin, ni dans ma catégorie), mais j’aimerais bien doubler des filles bon sang. Ah … en voilà une au km 10. Je la passe, hop. C’est bon ça. Bon, mais coup pour rien, c’est une jeunette. Une petite belette me double et je n’arrive pas à l’accrocher, je ne vois pas son dossard, tout plié (donc impossible de savoir si elle est V2 comme moi…) …. C’est la future championne de France V2, mais je n’en ai aucune idée à ce moment-là. Km 12 (ma catégorie !), ça y est, la foulée revient, je cours enfin en moins de 5’ au km, purée, il était temps, je double plein de gars et des filles, dont ma voisine de parc à vélo : c’est une V2. J’entends Fred et Grand dans ma tête : « Allez lâche rien, il y a peut-être une boîte à la clé . Faut la larguer celle-là ».  Et c’est parti, j’allonge la foulée et go go go jusqu’à l’arrivée. 15h45. Bobo les jambes. Vite dans le bac d’eau froide. Contente. Belle course.

Vers 17h, le speaker appelle mon nom pour m’approcher du podium. Je vais le voir et lui demande ma place : 2ème … Super contente  !!!  Et par curiosité, je lui demande l’écart sur la 1ère : 28 secondes…. « Ah merde, c’est con », me dit-il…. Tu m’étonnes mec. Le pire, c’est qu’à ce moment-là, je ne vois vraiment pas qui est cette Rachel, championne de France triathlon L V2F 2018. Au moment des podiums, je la reconnais : je revois la petite belette en train de me doubler presque « en catimini » au  2ème tour de càp. Je ne l’aurais jamais classée en V2F la petite.

Bilan : je suis super contente pour ce podium, mais aussi un peu frustrée car il était accessible ce maillot tricolore. Belle prépa, efficace. Le boulot a bien payé. Quelques égarements de concentration (difficile de rester dedans pendant près de 6h…). Didier était au bord de la route pour me donner un supplément de force, mais ma tribu n’était pas là pour me crier des « allez maman » (ils étaient au France d’aquathlon jeunes, où ils ont souffert), mes parents n’étaient pas là pour hurler « allez Sandrine » (ils étaient avec mes zouzous) et m’emmener encore plus loin dans me limites. Ils m’ont manqué, je crois. Bon maintenant, avec ce podium, je gagne ma qualif pour les Europe et les mondiaux groupe d’âge, alors selon la destination, j’irai peut-être voyager un peu…. On verra s’il y a une suite triathlétique à ce joli week-end ardéchois.

Merci à tous ceux / celles qui ont contribué à cette très jolie journée. Ils et elles se reconnaitront. »

 

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